2 février 2018 newsletter

Une enquête d’opinion informelle

Crédit Collectif Ivoire

Quatre mois après l’ouverture de l’épicerie et quelques semaines avant la deuxième assemblée générale, nous sommes partis à la rencontre des adhérent·e·s afin de connaître leur opinion sur le fonctionnement de l’éléfàn et sonder leurs attentes.

Vingt-huit membres de l’association ont accepté de répondre à nos questions. Leur date d’adhésion se situe entre mai 2016 et janvier 2018, soit depuis la création de l’association jusqu’à aujourd’hui. Le domaine d’activité est assez large, d’étudiant·e à retraité, en passant par infirmière, travailleur social, ingénieur·e ou même forestier. Néanmoins les professions que l’on pourrait qualifier de “supérieures” représentent plus d’un tiers de notre échantillon (non représentatif !).

Pour une grande majorité des personnes interrogées, la rencontre avec l’éléfàn s’est faite par le bouche-à-oreille. D’autres ont découvert l’association par la presse locale ou en surfant sur Internet. La première raison pour adhérer est de trouver une alternative à la grande distribution. Le caractère associatif et participatif est un élément important.

Bien manger est aussi le grand dénominateur commun. Un choix de produits favorisant le local et le bio est un facteur important. Certains membres mentionnent aussi l’accessibilité financière, mais c’est avant tout l’envie de casser les codes et de réinventer une autre façon de consommer qui les réunit.

Michelle et Bernard * ont adhéré en couple : «Le projet nous a plu, s’impliquer dans un projet solidaire, une autre manière de consommer, favoriser le bio et le local, dynamiser une région. Jusqu’ici, on faisait nos courses plutôt en magasin bio, mais on préfère l’éléfàn.»

Une belle aventure collective

Un tiers des adhérent·e·s interrogé·e·s font partie d’une commission. Chacun·e participe donc à façonner un projet qui lui ressemble. Le manque de temps est la raison principale invoquée par les autres. Toutes les personnes intérrogées considèrent le fonctionnement de l’association, sous la forme de commissions, comme satisfaisant. Cette gouvernance est jugée démocratique et transparente. Geneviève note cependant un manque d’information et de «lisibilité».

Pour Jean-Baptiste, «c’est parfois difficile de se rendre aux réunions. Ce qui est dommage parce que je crains que la charge de travail n’épuise certaines personnes qui s’impliquent beaucoup.»

Pascal apprécie ce fonctionnement démocratique : «On a chacun notre mot à dire et cela me plaît. Chapeau bas à la commission Approvisionnement quand je vois la quantité de produits différents et la vitesse à laquelle c’est arrivé puisque l’épicerie n’est ouverte que depuis septembre.»

Le bénévolat

Les membres interrogé·e·s sont satisfait·e·s de la gestion actuelle des créneaux. La possibilité de choisir son créneau sur Internet est plébiscitée. Cependant, il s’avère que l’information passe mal car nombre pensent que la participation est facultative. Beaucoup ne sont pas au courant de la possibilité d’effectuer deux créneaux d’une heure et demie au lieu d’un de 3 heures.

Jérôme s’inquiète : «Je ne suis pas sûr que tout le monde joue bien le jeu, ça peut être problématique pour l’avenir, l’engagement repose sur chacun et j’attends de voir ce que ça donnera sur la durée.» Christine va aussi dans ce sens : «La gestion ne pose pas problème. En revanche, il est difficile d’accepter que certains bénévoles ne se tiennent pas à ce qu’ils ont dit qu’ils feraient : ils partent en avance, arrivent en retard ou ne viennent pas du tout. Ce n’est pas systématique, mais c’est arrivé.» Martine aimerait pour sa part pouvoir s’inscrire plus longtemps à l’avance et regrette que le calendrier arrive si tard.

Un aménagement à améliorer

Les avis sur l’aménagement et le fonctionnement du local en tant que bénévole sont plus partagés. Pour certain·e·s, tout va bien, mais d’autres, plus exigeant·e·s, apporteraient bien quelques changements : l’hygiène des torchons à main, le rangement, le classement du stock ou l’espace et l’emplacement réservé au vestiaire sont par exemple évoqués. Pour Martine l’aménagement a bien évolué depuis l’ouverture. Certes, «il reste des améliorations possibles, mais il faut du temps.»

Les bénévoles sondé·e·s s’estiment bien accompagné·e·s lors de leurs créneaux. L’entraide qui se met en place pendant les créneaux est bien appréciée. Plusieurs trouvent que la tenue de caisse est difficile, lente et demande de l’expérience. Thomas suggère de disposer d’une petite vidéo pour se souvenir du fonctionnement avant de venir faire son bénévolat. Tandis qu’Éric note que le petit manuel à la caisse est très bien fait. Marie-Christine pense que des améliorations sont possibles : «ça va parce que je suis militante, mais si j’étais pressée, ça pourrait me décourager.»

Vu sous l’angle du consommateur

En tant que “client·e”, beaucoup regrettent que certains produits soient trop fréquemment en rupture de stock. Comme le pain et les légumes. Pour Louis, par exemple «l’effort à faire porte sur la fraîcheur, l’approvisionnement en quantité suffisante et les prix. Qu’on ne soit pas obligés de venir à la première heure. Mais je comprends que ces améliorations peuvent prendre du temps.»

Certain·e·s réclament plus de produits en vrac. Solène espère que l’approvisionnement tende vers le 100% local pour «ne plus avoir à réfléchir en faisant ses courses.» Plusieurs adhérent·e·s apprécient que la gamme s’élargisse sans cesse.

Pour nombre de membres, la caisse est l’un de point clef à améliorer. Un peu plus d’espace pour les produits, des paniers ou caddies et moins de temps d’attente sont souhaités.

Nicolas s’ inquiète «l’attente est parfois très longue et je comprends que cela en décourage certains.» Martine est satisfaite de l’aménagement, car «en tant qu’acteurs de l’épicerie, on est moins exigeant.»

Petit détail pratique : beaucoup signalent qu’il est très difficile de se garer à proximité de l’épicerie.

La question des tarifs

Patrice trouve que «c’est parfois un peu cher, mais c’est aussi le prix de la qualité». Justine confirme «certaines choses sont quand même chères. Je ne pense pas qu’on puisse dire que tout est déjà accessible à tous.»

Faustine qui faisait avant ses courses en magasin bio s’y retrouve. Tout comme Guillaume pour qui les prix paraissent tout à fait corrects : «ils sont en train de baisser de toute façon. Et c’est un investissement sur l’avenir de venir ici. Plus on sera gros, plus les quantités seront importantes et plus les prix pourront baisser.»

Thomas souhaite que la gamme de produits s’élargisse, que l’on puisse trouver plus de produits frais comme des pâtes à tarte, de la viande ou du poisson. Jonathan aimerait pouvoir faire toutes ses courses à l’épicerie, «mais il me manque encore quelques références». Beaucoup plébiscitent le vrac et souhaitent qu’il se développe plus encore.

Pachyderme ou pas

Damien suggère d’évoluer vers «plusieurs petits points de vente éparpillés plutôt qu’un gros supermarché». Et Solène, pour conclure, conseille de garder une structure horizontale et surtout de «garder la bonne humeur» !

Cette enquête informelle va être suivi au printemps qui vient d’un sondage qui permettra à toutes et tous les membres de donner leur opinion sur le fonctionnement de l’association, de ses commissions, de l’épicerie et de faire part de leurs attentes et de leurs critiques.

* Par souci d’anonymat, les prénoms ont été modifiés.
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