29 mai 2017 Loic Chauvin

Cultivons nos toits

Cultivons nos toits a installé ses jardins sur le toit de la Casemate, à Grenoble

A l’heure où le béton pousse la nature de plus en plus loin des centres urbains, l’association Cultivons nos toits veut ramener l’agriculture dans les villes mêmes. Et rapprocher ainsi le producteur du consommateur.

Cultivons nos toits a investi le toit de la Casemate pour installer au-dessus des têtes du Centre de culture scientifique technique et industrielle, un potager urbain. Pour César, un des salariés de l’association, il s’agit de “reprendre en mains son alimentation” en produisant en circuit court une alimentation sans engrais et pesticides chimiques.

Sur une surface de 300 m2, l’équipe de Cultivons nos toits a rempli 40 bacs en bois de 120 litres, 160 pots en géotextile de 60 litres et 4 murs verticaux avec 30 m3 de terre et de compost. Près de 1 300 plants ont été mis en terre, pour une vingtaine d’espèces : melons, courges, courgettes, aubergines, tomates, poivrons, concombres, cornichons ainsi que des plantes aromatiques et des fleurs. Cultivons sur nos toits suit les préceptes de la permaculture qui vise une production agricole durable économe en énergie.

La démarche de l’association s’inscrit dans le cadre de l’économie sociale et solidaire. À terme la production devrait approvisionner les paniers solidaires distribués par l’épicerie solidaire Épisol  et permettre ainsi de faire bénéficier des foyers à faibles revenus de produits sains et locaux.

Même s’ils espèrent produire une tonne de fruits et de légumes dès cette année, cette première récolte ne sera pas suffisante pour répondre à cette demande. Une partie de la production sera transformée à l’occasion d’ateliers culinaires dans les centres sociaux de Grenoble en partenariat avec Épisol et une association de restauration bio, la Mixture.

Une autre partie servira, sous forme de paniers, à remercier les contributeurs au financement participatif qui avait permis de récolter l’essentiel des fonds nécessaires à l’installation du potager perché.

Une dernière partie devrait se retrouver dans les plats concoctés par le restaurant grenoblois Chez nous qui ne propose que des produits locaux.

A partir de l’expérience “grandeur nature” développée sur le toit de la Casemate, Cultivons nos toits souhaite multiplier les toitures cultivées. Lorena discute avec les villes de Grenoble et des environs pour recenser les toits plats aptes à recevoir des cultures maraîchères. 150 ha pourraient être végétalisés. Au-delà de la simple production de fruits et de légumes, les îlots de nature que constituent des cultures urbaines sur les toits peuvent jouer un rôle sur le micro-climat des villes. Ces jardins absorbent une partie des eaux de pluie puis relarguent l’excès progressivement sous forme d’humidité. De telles installations contribuent également à l’isolation thermique des toits cultivés. Même un promoteur comme Bouygues a manifesté son intérêt et a sollicité l’association pour l’aider a installé un jardin partagé sur le toit de l’un de ses projets immobiliers.

Imaginons un futur où l’Éléfàn à ses adhérents des légumes cultivés à Grenoble même.

Pour en savoir plus, Cultivonsnostoits.org

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